Macédoine | Musée archéologique [Thessalonique]
Écrit par Lauraki le 26 juil 2009 dans Culture | 3 commentaires
Le Musée archéologique de Thessalonique rassemble les découvertes effectuées dans la région de Macédoine. Le musée, tel qu’il existe aujourd’hui, a été constuit à la fin des années cinquante et ouvert au public en 1962 après quelques agrandissements en 1980. L’exposition s’étend sur deux niveaux : le sous-sol où sont présentés les périodes préhistoriques et de l’âge du fer et du bronze et le rez-de-chaussée, qui accueille les antiquités de l’époque géométrique à l’époque romaine.
Le parcours principal du rez-de-chaussé, s’étend en forme de deux fers à cheval inbriqué. Celui à l’extérieur présente la période de la naissance des cités, la Macédoine du VIIe s. av. J-C jusqu’à l’antiquité tardive et enfin, une dernière thématique autour de « Thessalonique, Métropole de Macédoine ». Le parcours intérieur est entièrement dédié à « L’or des Macédoniens ». Cette exposition renouvelée, date de la fin des années quatre-vingt-dix. À ce jour, ce musée est sûrement parmi ceux visitése en Grèce, un de ceux qui présente une véritable muséographie, pensée, rationalisée et didactique. J’ai beau avoir concentré mes cinq dernières années à comprendre l’histoire du Musée national archéologique d’Athènes, il n’empêche que les conservateurs du musée de Thessalonique ont largement mieux pris en compte les apports possibles d’une muséographie moderne. L’exposition est sûrement simplifiée et présente sûrement moins d’objets par type, mais l’évolution thématique n’en est que plus intéressante. Le premier parcours s’organise ainsi autour des thématiques que la vie domestique, l’armée, la maison, la beauté, les cultes, etc. tout en respectant un parcours en même temps chronologique. La muséographie est claire, moderne et m’a laissé une forte impression.

Alors il est vrai que l’on ne peut comparer avec le musée d’Athènes, les approches et destination des établissements sont différents. Pourtant, à l’origine, l’exposition du musée de Thessalonique se rapprochait de celui d’Athènes. Le pari de se dissocier des anciens schémas muséographiques pouvait être risqué, mais fut bien mené.
Un exemple aussi, plutôt sympa de restitution des objets, que jusqu’à présent je n’avais jamais vu. Alors, certes, moi qui n’en suis plus à ma première pointe de flèche en bronze, je les reconnais facilement. Cependant, pour une fois, la restitution de l’objet dans une vitrine est beaucoup plus parlante. Tout comme, l’utilisation de trois têtes de statues féminine pour illustrer l’évolution des modes en matières de coiffure.
Non, y a pas à dire, de ce point de vue là, la didactique du musée est vraiment excellente. Les objets sont de qualités et j’ai pu pour la première fois, avant de voir en vraie de mes yeux vu mes premières tombes macédoniennes antiques, admirer des peintures antiques. Parce que la sculpture, les bronzes, les vases, c’est bon, je connais, mais la peinture est beaucoup plus rare car elle a bien moins survécu aux outrages du temps. À partir du IVe siècle av. J-C, les tombes macédoniennes prennent des allures de tombeaux, aux formes architecturales propres. Le plus souvent, elles étaient peintes, comme de nombreux éléments du mobilier, comme ce détail de ce lit en marbre entièrement peint, provenant de la tombe de Protidée, découverte à Hagia Paraskévi à Thessalonique et dont le musée présente l’ensemble du mobilier qui y a été mis au jour.

Mais la partie la plus impressionnante du musée, demeure la section « L’or des Macédoniens » située, au centre du parcours. Dans une ambiance calfeutrée, dans la peine ombre, les conservateurs nous invitent à découvrir la richesse des princes et dynasties macédoniennes. En présentant les découvertes, classées par tombes, on découvre ainsi le faste et la somptuosité des objets de ces princes. La tombe de Philippe II à Vergina (voir la suite de nos péripéties) n’est pas une exception. Tous les grands personnages de la Cour macédonienne se faisaient somptueusement ensevelir dans de véritables tombeaux, bijoux autant d’un point de vue architectural que picturale, mais aussi par la qualité des objets.

L’or domine largement dans ces tombes et les orfèvres étaient plus que des artisans, mais de véritables artistes. Le défunt était incinéré et les cendres placés dans une urne, recouverte d’une couronne végétale en or. Jusqu’en 1997, les découvertes de Vergina – la tombe de Philippe II, le père d’Alexandre le Grand – étaient exposées à Thessalonique. Maintenant, elles sont transférées dans l’exposition de Vergina. Mais, l’exposition de Thessalonique n’a pas pour autant été dépossédée, tant le musée recèle de richesses.

J’ai pour ma part longuement admiré le cratère de Derveni, dont j’avais eu souvent eu l’occasion d’entendre parler, notamment lorsque j’avais eu la chance de suivre un séminaire de Claude Rolley. Ce cratère, haut de 90 cm, en bronze a été retrouvé dans une tombe : il n’est pas doré à l’or, mais c’est la proportion d’étain à 15% qui lui confère cette couleur dorée. Il pèse près de 40 kg. Pas un centimètre carré de la surface n’est pas travaillé.
C’est ce que j’appelle une « pure merveille » et une véritable oeuvre d’art. Il s’agissait de l’urne funéraire d’un aristocrate de Thessalie, Astiôn. Formidablement ouvragé, la scène relève du cycle dionysiaque. Je crois que de toute la visite, c’est ce cratère qui m’a fait la plus forte impression.
Avant de vous laisser admirer en détail ce vase, je n’ai pu m’empêcher de penser à l’aménagement muséographique de cette section de l’exposition. Plongée dans la peine ombre, rappelant complètement l’atmosphère d’une tombe, cette salle en U, est au centre du bâtiment et de l’exposition, puisque les autres salles du parcours thématique, sont installées en parallèle, aussi en U tout autour. Hormis le parallèle flagrant avec l’ambiance de pénombre d’une tombe, le fait que les « joyaux » du musée soient installés au cœur de l’exposition, renvoie une certaine impression d’écrin. Sans pousser l’extrapolation plus loin, ces objets sont les parmi les pièces maîtresses du musée et symbolique de l’histoire de la Macédoine. Elles sont donc doublement au coeur de cette exposition, tant par leur position artistique qu’historique. En tout cas, je ne saurais que vivement vous conseiller d’aller visiter ce musée, qui vous changera de nombreux musées grecs publics (il ne faut pas non plus faire de comparaison avec les musées privés comme le Benaki ou le Goulandris à Athènes).




Pour plus d’info sur le musée, voir :
- Vokotopoulou J., Guide du Musée archéologique de Thessalonique. Athènes : Éditions Kapon, 1996, 255 p., ISBN 960-7254-34-1, environ 20€.








Bonjour Laure , très bel article! je voulais savoir d’où venaient les photographies du Musée de thessalonique dans la rubrique Culture( ouvrages, photos personnelles ?) ainsi qu’au sujet de la couronne funéraire à quelle tombes elle appartient, si elle est en rapport avec le cratère de Dervéni. Je te remercie de ta réponse la plus rapide si possible merci. =)
Bonjour Sarah,
Les photos sont toutes des photos personnelles à diffusion avec autorisation préalable. Pour les couronnes, je ne peux de tête te dire à quelles tombes elles appartiennent. Cependant, la bibliographie relative à Dervéni est plutôt complète, tu devrais trouver facilement.
Bonjour laure, je suis étudiante à la fac en histoire de l’art et archéologie, et je dois faire un exposé sur le vase de Deverni, et je voulais te demander si je pouvais utiliser tes photos pour mon diaporama quelle est sont vraiment magnifiques je te rémercie de me répondre assez rapidement ^^ sur mon adresse mail
merci d’avance