Πολύχρωμοι Θεοί – Les dieux polychromes
Εθνικό Αρχαιολογικό Μουσείο, Αθήνα
Musée National Archéologique, Athènes
29 janvier – 25 mars 2007

Petit retour sur cette exposition qui s’est tenue cet hiver au Musée National Archeologique d’Athènes (promis un bientôt un article sur le musée qui fait tout de même l’objet de ma thèse).

Cette exposition organisée par la Glyptothèque de Munich est itinérante, car après Rome, Munich, Istanbul (où j’ai eu la chance de la voir cet été) elle est arrivée à Athènes.Le support principal : les sculptures du fronton du temple d’Aphaia à Égine, dont les originaux sont justement conservés à la Glyptothèque de Munich depuis le début du 19e siècle, alors acheté par le roi Louis Ier de Bavière.

Vue de la restitution du fronton du temple d’Égine
Mais qui se cache ?

Certes la polychromie des sculptures est un sujet très à la mode en ce moment. Les études ne manquent pas, j’y suis moi-même sensibilisée par les travaux de recherche de mon directeur de thèse, Philippe Jockey, qui s’intéresse à la polychromie des sculptures de Délos… Ainsi l’Artémis chasseresse du musée de Délos aurait des mèches blondes, le Diadumène de Polyclète (conservé au Musée National d’Athènes mais mis au jour à Délos) aurait été complètement recouvert à la feuille d’or.

Vue de l’exposition au Musée archéologique d’Istanbul
(juillet 2006)

L’approche de la polychromie dans cette exposition demeure vague et incomplète : les spécialistes lui reprochent les aplats de couleurs et le manque de nuances et des restitutions lacunaires qui pourraient tromper le grand public (par exemple la frise du trésor de Siphnos de Delphes).

Restitution d’un élément de la frise du trésor de Siphnos à Delphes

Mais on peut tout de même noter les aspects positifs d’une telle entreprise : la prise de conscience par le grand public, non averti très souvent, que les monuments, sculptures antiques pour lesquels ils s’émerveillent de la blancheur du marbre, n’avaient en fait rien à voir avec notre vision moderne. En fait, tout était coloré et non blanc.



Restitution de la stèle d’Aristion
Musée National Archéologique d’Athènes (inv. 29)


Exemple de restes de polychromie antique visibles à l’oeil nu
(Provenance : Milos)

Donc malgré des restitutions sûrement pas si conformes à la réalité antique, si en sortant de cette exposition le public pourra jeter un regard neuf sur les antiquités et tenter de s’imaginer un Parthénon coloré, alors le pari sera réussi.