
Il y a trois ans et demi, j’achevais ma dernière mission au Musée de l’Arles et de la Provence antiques et découvrais l’Archéonaute, le bateau du DRASSM, le Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines qui menait une de ses campagnes de fouilles archéologiques dans le Rhône. Déjà, il fallait alors en septembre faire de la place dans les réserves pour accueillir le matériel sorti de l’eau chaque jour. Bref, déjà, la fouille s’annonçait alors prometteuse.
Situées sur la rive droite du Rhône, devant le quartier de Trinquetaille, les fouilles ont continué, toujours conduites par Luc Long (conservateur en chef du patrimoine au DRASSM), avec le soutien du Musée départemental Arles antique (CG13), de la Fédération française de plongée (FFESSM) et de l’association 2ASM (Association d’archéologie sous-marine). Il s’agit d’une « opération scientifique d’expertise archéologique sous-marine menée dans le Rhône à Arles par le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) du ministère de la Culture et de la Communication. »
L’objet de ces fouilles est la connaissance de l’histoire portuaire d’Arles dans l’antiquité. La zone de prospection correspond à la rive droite du fleuve près du quartier de Trinquetaille à Arles, située face au centre-ville. Cette zone, maintes fois remblayée, avait été jusque-là très peu fouillée. Cette annonce a été faite plusieurs mois après les découvertes en raison de la mise en sécurité des lieux (protection contre les vols), des traitements de conservation préventive à apporter en urgence à certains objets (les bronzes notamment) et bien entendu des recherches scientifiques qui permettent aujourd’hui de proposer des interprétations. [Source : Revue de presse]
Depuis septembre 2007, l’affaire a pris de l’ampleur avec des découvertes supplémentaires dont le désormais célèbre « Buste de César », grandeur nature qui constituerait la plus ancienne représentation aujourd’hui connue du fondateur de la cité romaine d’Arles : « typique de la série des portraits réalistes d’époque républicaine (calvitie, traits dus à l’âge…), il date sans doute de la création de l’Arles romaine en 46 avant Jésus-Christ. »

Buste de César - © C. CHARY/DRASSM
De même, une statue de Neptune en marbre de 1,80 m de hauteur fut mis au jour (première décennie du IIIe siècle) ; une statue en bronze d’un homme barbu aux mains liées (un esclave ? Marsyas ?) qui pourrait être une copie d’un original hellénistique ; mais aussi une Victoire doré (Ah, la polychromie !) J’en connais un – mon prof – qui va voir une des ses hypothèses renforcées ou à étoffer : les marbres antiques dorés à l’or fin pour imiter la couleur des bronzes).

Statue en bronze d’un prisonnier - © C. Chary /DRASSM
Bref de quoi affoler les médias puisque l’information fut relayée dans de nombreux journaux (AFP, CNN, The Times, The Guardian, La RAI…) C’est ainsi qu’un reportage y fut consacré en juin dans Des racines et des ailes, puis un nouveau, plus complet a été présenté le 7 janvier 2009. Avec mes péripéties françaises du retour, je l’ai en fait regardé. Alors oui, Aurélie tu as été coupée au montage (bouh !), mais tu as laissé une grande place à Pascale qui nous annonce une grande carrière cinématographique ! D’ailleurs Pascale P. a fait explosé les statistiques de mon blog entre le 8 et 9 janvier, puisque toutes les entrées via des recherches sur Google se sont faites via son nom et donc arrivaient sur l’article sur l’exposition Ingres et l’antique. Les découvert feront l’objet d’une grande exposition à l’automne 2009 où elles seront alors présentées au public, après une longue restauration.
En tout cas, ça fait toujours plaisir d’avoir des nouvelles de ce qu’il se passe dans ce musée que j’affectionne. Et puis, moi, je peux dire que je l’ai vu dans les coulisses, le buste de César ! C’est ça que d’avoir ses entrées et ses connaissances et d’aller dire bonjour aux copines et copains !
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