Musée Bénaki / Bâtiment central 1911Le Musée Bénaki possède un département d’archives photographiques depuis 1973. Et comme j’en avais déjà parlé il y a quelques temps dans la liste des centres de recherche à Athènes, j’y ai passé un peu de temps afin de trouver mon bonheur.Riche de près de 300 000 négatifs de 25 000 photographies originales, c’est un vrai bonheur ! De plus, l’organisation d’expositions  régulières autour de ces expositions permet de découvrir les fonds.

Il n’est pas surprenant que j’affectionne particulièrement ce centre d’archives : spécialisé dans la photographie et « amatrice  » de photos anciennes, j’y ai trouvé à chaque fois mon bonheur, sans compter sur le professionnalisme des conservateurs. L’autre jour encore, je voulais faire quelques vérifications sur mon catalogue de photographies, réuni pour la thèse et riche de près de 70 clichés, j’ai passé un petit coup de fil pour savoir quand venir : on m’a proposé de venir le jour même si je voulais et c’est la conservatrice du département qui m’a reçu comme ça, simplement et qui m’a consacré un peu de son temps !

Le fonds est vaste et historique car de nombreux photographes célèbres sont représentés, mais aussi quasiment l’ensemble de l’histoire de la photographie grecque. Pour ma part, j’ai eu en grande partie à travailler avec les fonds de James Robertson, Voula Papaïoannou et plus récemment avec celui de Nelly’s. Ayant pour nécessité de rassembler des photographies des salles du musée, j’ai écumé les fonds du XIXe siècle et ceux de la première moitié du XXe. En effet, tout photographe – grec de surcroît – qui se respectait, se devait de photographier les antiquités, les monuments et les musées et cela fut un support d’apprentissage.

James Robertson (1813-1888), considéré comme un photographe-voyageur a laissé un portfolio de 44 photographies de son voyage à Athènes entre 1853 et 1854, alors qu’il avait installé son atelier à Istanbul/Constantinople. C’est d’ailleurs un des originaux de ce portfolio que j’ai pu consulté !

James Robertson - View of the Parthenon, 1853-1854 ©Musée Bénaki/archives photographiques

James Robertson - View of the Parthenon, 1853-1854 ©Musée Bénaki

Mais une autre découverte, réside dans le travail de Voula Papaïoannou (1898-1990), une des plus célèbres photographes grecques. Elle a débuté la photographie dans les années trente en s’exerçant dans les salles et collections du Musée national archéologique et du Musée de l’Acropole. Quelques uns de ses clichés ont été plus qu’utiles pour moi. Faute de droits, je ne peux vous en présenter ici, vous vous contenterez des reproductions issues du site internet. Son travail est d’autant plus connu que durant la seconde guerre mondiale, elle a réalisé le « Cahier noir  » dans lequel elle a dépeint la misère des orphelins grecs et durant la guerre civile, elle a illustré la famine à Athènes. Après la guerre, elle s’est attelé à revaloriser l’image de la Grèce en parcourant le pays et en réalisant des photographies de toutes les régions de Grèce.

http://www.benaki.gr/index.asp?id=1020103&lang=en

Voula Papaïoannou ©Musée Bénaki

Autre dernier coup de cœur personnel, les photographies d’une des plus célèbres photographes, Nelly’s. De son vrai nom, Elli Souyioultzoglou-Seraidari (1899-1998), elle est originaire d’Asie mineure et s’est établi en 1924 à Athènes où elle commença alors à photographier les antiquités, telle une quête de ses origines grecques. Ses photographies les plus célèbres et qui firent à l’époque scandale, sont sûrement celle de danseuses nues sur l’Acropole.

Nelly's - The hungarian dancer Nikolska in the Parthenon, 1929 © Musée Bénaki

Nelly's - The hungarian dancer Nikolska in the Parthenon, 1929 © Musée Bénaki

Bien évidemment tout ceci n’est qu’un aperçu du fonds d’archives et orienté d’autant plus, d’après les fonds auxquels j’ai pu accéder. Mais rien qu’à la lecture du catalogue de publications uniquement relatives à la photographie du musée, on mesure l’ampleur de la collection. Pour découvrir chacun de ces photographes, voici quelques orientations bibliographiques :

Et pour finir, deux excellents ouvrages sur la ville d’Athènes au XIXe et XXe siècles – très intéressant une fois que l’on connait la ville :