Mardi dernier, avec le club photo, c’était sortie dans le RÉSO – comprendre le réseau souterrain de Montréal qui s’étend tout de même sur une trentaine de kilomètres reliant différents points du centre ville – à la découverte des expositions d’artistes dans le cadre d’Art souterrain, avec la Nuit blanche qui s’est tenue le week-end dernier.

Durant deux heures, nous avons donc arpenté le RÉSO entre le Palais des Congrès et McGill. Un coup de cœur sur le travail de Marie-Catherine Grabherr qui proposait Espèce d’espace.
Espèce d’Espace est un sous-bois fantastique nous invitant à la rêverie. Les fleurs irradient de lumière, le sable fin est d’une blancheur immaculée, les animaux nous étonnent par leur attributs colorés… L’artiste recrée un espace naturel factice dont l’artificiel atteint son paroxysme, à tel point que l’on peut se demander si ce lieu surnaturel ne relève pas d’un cauchemar.
Ce « rêvarium » expérimental nous présente de nouvelles espèces de fleurs, qui, au lieu d’absorber la lumière pour se développer, nous la renvoie dans le noir, diffusant également des odeurs de synthèse. Par mutation génétique, même les animaux deviennent phosphorescents . Quant aux arbres, ils ont développé la faculté d’imiter le pelage des animaux sauvages pour nous rappeler les transformations qui s’opèrent à l’échelle de la planète . Nous rêvons de sable blanc ? Un jour, les océans pourraient bien nous régurgiter la lessive depuis longtemps déversée dans les rivières.
Espèce d’Espace interroge la place que tient la nature dans notre environnement urbain. La ville souterraine inspire t-elle un intérieur chaleureux par ses commerces invasifs, ses murs de marbre et de béton ? Aucune autre forme de vie ne semble avoir son droit d’existence. Même le peu de végétation y est artificielle. Quant à la nature dite « sauvage », elle est un mythe dans l’urbanisme. Après s’être acharné à imposer la cité à la nature, l’homme doit maintenant réadapter consciencieusement la nature à l’urbanisme proliférant.
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